France : Qui connaît le prochain Président de la République ?
Certainement pas les sondeurs dont l’hyperactivité cache mal leur syndrome « Janus », une face tant attirée par l’argent qu’elle leur permet toutes les acrobaties chiffrées, l’autre qui doute à un tel point qu’ils évacuent d’un revers de main dédaigneux toute critique sur leur « méthode » au sein de laquelle l’empirisme est à coup sûr le seul principe actif constant (Voir à ce sujet le *Canard Enchaîné" de cette semaine).
Peut-être pas non plus les journalistes qui servent tellement la soupe aux tenants du pouvoir en place et à l’ensemble de leurs possibles successeurs qu’ils se partagent entre les commentaires mous du genou et les critiques sectaires.
J’en veux pour preuve l’impressionnant travail de recherche publié en 2005 sur Nicolas Sarkozy par le collectif de journalistes auto baptisé « Victor Noir » :
Leur ouvrage de 300 pages déborde d’informations et d’anecdotes sur le favori actuel des sondages mais il a un grave défaut, souligné par ses propres rédacteurs, ils n’ont pas eu accès à l’objet même de leur enquête puisque le Président de l’UMP a refusé tout entretien et même toute réponse écrite aux questions qu’ils avaient pris la peine de lui envoyer par courrier.
Il reste un document sérieux, remarquablement documenté, que tout citoyen français serait bien inspiré de lire dans les 3 semaines qui viennent…
Pour le résumer, il retire au candidat ses habits de lumière médiatico-communicante pour lui laisser ses propres haillons, résultats de 30 années d’activisme politique, à rapprocher de celui des sondeurs épinglés en début de chronique.
Cependant, on termine la lecture de ce livre avec l’impression désagréable que – peut-être – si l’homme Sarkozy avait choisi de s’exprimer directement, le ton général aurait été légèrement différent car comment saisir la réalité humaine de quelqu’un sans l’avoir fréquenté ?
On me répondra, avec raison, que nos actes sont les manifestations concrètes de notre personnalité et que la barque du peut-être futur Président de la République est bien chargée depuis 3 décennies dans ce domaine !
Pour le dire autrement, on peut comprendre en lisant un compte-rendu aussi fouillé qu’un nombre non négligeable de Français aient peur de l’Empereur des Hauts de Seine…
Il subsiste néanmoins comme un manque, l’absence de relations directes entre les auteurs et le meilleur vendeur de Kärcher© de France est préjudiciable à la présentation d’un portrait complet ; c’est ce qui m’avait empêché à l’époque de parler de ce livre car je ne voulais pas afficher un parti pris – pour ou contre - que je n’ai pas, autant parce que je ne vote pas en France que parce que les candidats me semblent très insuffisants (Dans leur suffisance...), pardon je l’ai dit…
Ce n’est pas l’extraordinaire « Qui connaît Madame Royal ? » qui va me faire changer d’avis !
Extraordinaire, le mot est même faible car nous avons là le secrétaire national à l’économie du Parti Socialiste depuis 2000, Maire et Député, en charge du chiffrage du projet présidentiel de Ségolène Royal qui un beau matin réalise, selon son propre aveu, qui il a en face de lui et les ravages potentiels que la victoire de cette personne pourraient causer à son pays et décide de claquer la porte.
Au début, il souhaite garder cette prise de conscience confidentielle mais la question méprisante posée par Ségolène Royal, irritée par le harcèlement des journalistes après l’annonce de la démission de son principal conseiller économique, à des ouvrières lors d’une visite d’usine :
« Qui connaît Monsieur Besson ? »
le blesse profondément. Quoi ? Ces gens auxquels il a consacré des années de sa vie, pour lesquels il a sacrifié une partie de sa vie privée, pour qui il n’a jamais renâclé à aller faire le « sale boulot », soit entre autres de proférer des horreurs – plus ou moins véridiques – sur ceux « d’en face » parce que c’était les règles de ce jeu-là, ces gens, cette femme en particulier font comme s’ils ne le connaissaient pas ?
Insupportable !
Ils ne le connaissent pas ? Ils le maltraitent ? D’accord, alors on va jouer au « Jeu de la Vérité » et cela va faire mal…
Extraits :
« …Je pense en conscience, que Ségolène Royal ne doit pas devenir Présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants ».
« Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes, et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir. Elle promeut une démocratie participative, qui n’est que mascarade. Elle fait croire aux citoyens qu’ils seront les inventeurs de son programme, les vrais héros de son aventure ? Tout le monde sait que c’est faux. Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie. »
« …L’absence de maîtrise de ses propos est déjà – je cherche mes mots parce que j’essaie de ne pas être trop violent… C’est déjà la marque d’une incompétence, d’une absence d’expérience, d’une méconnaissance des dossiers, qui est quand même très lourde. »
« Devenir candidat à la Présidence de la République sans jamais avoir présenté sa vision du monde, de la France, de la politique économique, simplement en caressant les foules, et en alignant des platitudes morales, on ne l’avait jamais fait ! »
« Si elle gagne, je plains son Premier Ministre. Il devra appliquer une politique imprécise, sous l’égide d’une Présidente invitant au culte de la personnalité, tournant le dos à toute l’histoire de la gauche progressiste… Je ne sais pas où cela mènera. Je pense qu’on est sur une pente très dangereuse pour la France, si elle gagne. »
Alors « Qui connaît Madame Royal ? », vous ne rêvez pas !
Ce ne sont que quelques extraits de ce livre de 165 pages que je conseille vivement à tout électeur de lire car, au-delà du « cas » Ségolène Royal, il éclaire les petites gens sur le gouffre existant entre la Politique et la politique, on rêve de la première, ils pataugent dans la seconde.
Nous sommes le 1er avril, cela aurait pu être un poisson amusant, mais…
Bon dimanche et à demain