mercredi 30 avril 2008
Mercredi 30 avril 2008
Par Manuel Martin, mercredi 30 avril 2008 à 07:38 :: General
Rouge, énorme et sans goût, c’est… c’est… ?
Simone, fidèle lectrice et surtout contributrice de « Continuum II », a souhaité partager avec nous sa révolte quant à la surexploitation des ressources naturelles que s’autorisent certains « maraîchers », notamment espagnols.
Les parenthèses agrémentant l’appellation d’origine détournée « maraîchers » n’étant d’ailleurs pas suffisantes pour stigmatiser leurs agissements !
Un des exemples les plus récents et les plus voyants, parce que teinté d’un rouge aussi peu naturel qu’éclatant, étant les fraises dont la péninsule ibérique nous a récemment inondé.
Grand amoureux de la Provence, cela ne vous aura pas échappé, pour moi fraise doit rimer avec Carpentras, ville aux accents stendhaliens puisque noire à Noël grâce au marché truffier et rouge goûteux au Printemps.
Goûteux, le mot est lâché, il ne sera plus possible de le retenir…
Avant que de revenir aux bulbes hors sol « Made in Spain », laissez-moi vous conter une anecdote qui remonte à quelques années. Nous avions invité un ami d’un de nos fils à partager notre déjeuner et ma femme nous avait préparé de délicieux haricots frais qui avaient été abondamment testés dans la poêle par le gourmand qui vous accueille en ces pages.
Attablés, nous nous régalions de ces légumes au goût incomparable lorsque nous avons remarqué que notre jeune invité faisait pour le moins la moue !?
Questionné gentiment par mon épouse, il a fini par lâcher qu’ils « avaient un goût et une forme bizarres, ces haricots… ».
Quelques échanges plus tard, nous avons compris que sa famille ne connaissait que les boîtes de conserve et les plats préparés vendus par les supermarchés, difficile dès lors pour lui d’apprécier le vrai goût des aliments naturels…
Ou comment contribuer à l’émergence d’une génération spontanée de parfaits consommateurs !
Revenons à nos ersatz bodybuildés de fraises, nombre d’articles ont déjà décrits leur pousse hors sol, saturée d’engrais, pesticides et autres apports chimiques destinés à leur garantir une croissance « surnaturelle », qui plus est déconnectée de toute notion de saison et autre aléas climatiques dont les producteurs « modernes » ont « su » se défaire, je ne m’étendrai donc pas sur le sujet.
Parlons de l’impact écologique de cette folie consumériste qui consiste à faire rimer progrès avec rupture complète de nos liens avec la terre mère, la terre nourricière !
Le document envoyé par Simone décrit les conséquences de cette culture fraisière concentrée aux alentours du parc national de Doñana, dans le sud de l’Andalousie. La seule France importe des dizaines de milliers de tonnes de « bulbes hors sol rougeoyants » jetant sur les routes des milliers de camions qui devront chacun parcourir plus d’un millier de kilomètres.
Bonjour la facture de CO2 et les pollutions associées…
Mais le désastre ne s’arrête pas là car les quelques 6'000 hectares dévolus à cette « culture » se gorgent année après année de toute la chimie indispensable à ces apprentis sorciers pour faire pousser leurs mutantes ; notez que ces produits ont de moins en moins à redouter la concurrence de l’eau dans le sous-sol puisqu’elle disparaît peu à peu au gré des forages souvent illégaux.
Sans parler des ouvriers nord-africains qui s’échinent dans de terribles et dangereuses conditions pour que les riches européens puissent braver le rythme de la Nature.
Tout cela pour des « bulbes fades » ?
Simone a raison, si nous réfléchissions de temps en temps, n’aurions-nous pas le pouvoir d’influencer la marche du monde ?
Je suis convaincu que si, et vous ?
Bonne journée et à demain







