Birmanie, le temps arrêté ou le capitalisme dénoncé…
Cette chronique date du 28 septembre 2007 ! Faudrait-il y changer une virgule ?
Birmanie ou l’abominable démonstration de la folie capitaliste !
Le monde entier le savait, ce n’était qu’une question d’heures pour que la junte au pouvoir réprime violemment cet accès de liberté initié par les bonzes ; ce que nous ignorions c’est que les militaires seraient à ce point certains de leur impunité qu’ils lâcheraient leurs troupes et provoqueraient un tel carnage.
Il faut dire que le poids des contrats signés avec les multinationales pèse sans doute plus dans la balance internationale que la vie d’une dizaine de moines bouddhistes et d’un photographe japonais…
Le sujet est si vaste qu’il faudrait un livre pour évoquer tous ses aspects car les sociétés occidentales ont à ce point dévoyé la notion de « capitalisme » que sa mise en œuvre actuelle semble inspirée par les pires visions de Marx afin que ses critiques originelles se trouvent confirmées dans les faits.
Qu’il soit clair que je me considère comme un créateur, que je suis pour la liberté d’entreprendre, d’imaginer, de voir ses idées protégées et son travail récompensé par un juste retour d’argent mais comme en toute chose, la proportion doit être « raisonnable » !
Le capitalisme lorsqu’il s’appuie sur du travail, des biens manufacturiers ou des ressources naturelles est acceptable si tous les intervenants sont respectés, si leurs besoins sont pris en compte et que la notion de préservation de l’environnement est partie intégrante de l’activité ; le drame du monde en ce début de XXIème siècle est que le capitalisme est devenu financier, purement financier.
La fortune du monde, des 6 milliards de personnes qui y habitent provisoirement, se concentre dorénavant dans quelques centaines de mains qui deviennent chaque jour plus riches, mains qui accumulent frénétiquement et restituent de moins en moins…
Concrètement, il y a de plus en plus de super riches et de plus en plus de pauvres, un atroce système de captation de l’ensemble des ressources déploie ses sinistres effets, depuis la famine qui tue encore aujourd’hui des milliers d’enfants tous les jours jusqu’à la désespérance qui gangrène également les sociétés les plus « avancées », voir à ce sujet les taux de suicide des pays où le niveau de vie est le plus élevé…
Cette folie capitalistique accepte aussi – génère ? – de nombreuses zones de non droit telles que la Birmanie qui connaît une dictature militaire depuis le début des années 60 !
Cela dérange-t-il les autorités des merveilleuses démocraties, donneuses universelles de leçons, dans lesquelles nous vivons ? Que nenni, l’argent étant devenu le bien le plus précieux, loin devant toute valeur morale, les tâches ont été superbement redistribuées :
- aux entreprises le « sale » boulot sur place et les contrats juteux
- aux politiques les discours lénifiants sur les droits de l’homme et la liberté inaliénable
Si cela ne suffit pas, un Prix Nobel à l’opposante en chef, la remarquable Aung San Suu Kyi, et les consciences internationales seront apaisées pendant que les contrats se verront renouvelés ou même étendus.
Alors, pendant que le peuple birman est livré à ses bourreaux, les « responsables » internationaux discutent, discutent, discutent…
Nous savons tous que la junte sera un jour vaincue, que les citoyens finiront par renverser leurs bourreaux, c’est une simple logique arithmétique, la question est pourquoi doivent-ils assumer cette bataille à mains nues alors que lorsqu’il s’agit d’argent et d’exploiter leur sous-sol la technologie la plus moderne est disponible ?
Leur sang est sans doute moins échangeable sur les places financières que le jade, l’or, le pétrole ou le gaz…
Ne les oublions pas, à demain !